Roy don’t Cry

Portland. Nous sommes le 23 avril 2011 au Rose Garden. Il est 23h11 et l’enceinte exulte. Les Blazers viennent de remporter un match au combien important dans sa série face à Dallas. Pourtant, un joueur est là, au milieu du terrain, et il pleure. Ce joueur vient pourtant d’offrir la victoire à son équipe au terme d’un dernier quart temps de folie. Ce joueur, cet homme, c’est Brandon Roy, un des arrières les plus doué de ces dernières années.

Deux jours plus tôt, il lâchait déjà ses premières larmes à l’issue d’un game 2, se plaignant de son rôle de joueur de banc qui ne lui permettait pas de fouler longtemps le parquet. On sentait la frustration d’un joueur impuissant, qui voulait apporter plus à son équipe mais qui, lâché par ses genoux ces deux dernières saisons, savait au fond de lui-même qu’à seulement 26 ans il était sur la pente descendante.

Nous sommes donc le 23 avril 2011 pour ce game 4 qui s’annonce déjà décisif car Portland est mené 2-1 dans sa série. Malgré ses états d’âme, le ROY 2006 débute sur le banc et ne fait son entrée sur les parquets qu’à 3 min du terme du premier quart temps sous les acclamations de la salle. Son équipe prend l’eau, et malgré un 3 pts chanceux de sa part au buzzer du troisième quart, les Blazers sont menés de 18 pts à l’entame du dernier quart.

C’est alors que la magie opère. On ne sait pas si toutes les mauvaises ondes du cimetière indien sur lequel le Rose Garden aurait été construit ont décidé de laissé cette équipe tranquille ce soir là, mais le triple All Star va nous offrir un récital dans ce dernier quart temps et un dernier aperçu de son immense talent. « Brandon Roy, stepback, bucket ». « Roy over Dirk, it’s in ». « Another flashback move by Brandon Roy ». « Brandon Roy, Brandon Roy, Brraannddoonn Roy ». Les commentateurs n’ont que son nom à la bouche tant il est inarrêtable. C’est bien simple, Brandon Roy s’occupe de tout. L’écart se resserre entre les deux équipes et il fait alors exploser la salle à 1 minute de la fin du match sur une action d’anthologie. Les Blazers sont à -4. Sur un tir à trois points sur Shawn Marion, il s’écroule. L’arbitre siffle la faute. Le tir rentre. 3+1. 82 partout. Tie. Comme une évidence, il marque le panier de la gagne à 40s du terme. Dallas ne reviendra pas, sonné, mais sûrement un peu spectateur de ce joueur qui a rappelé à tout le monde son immense talent. Ses coéquipiers le savent, et lorsque le buzzer retentit, ils viennent tous soutenir ce joueur qui leurs tombent dans les bras. L’émotion est énorme, et il craque.

Il pleure. Il pleure, car il sait qu’il n’est plus capable de fournir ce genre de performance tous les soirs. Il pleure car il sait que ses genoux ne le laisseront plus jamais tranquille. Il pleure car il sait qu’il ne sera plus jamais le joueur qu’il était. Alors il pleure…

Xavier Stumm