Euro 2003 : Les Balbutiements d’un renouveau

Clément Guichard
7 avril 2020,
temps de lecture : 10min


L’Eurobasket 2003 signe le début d’une nouvelle ère pour l’équipe de France de Basket. La génération championne d’Europe junior 2000 mené par Parker et Diaw prend définitivement les commandes du navire bleu. On ne le sait pas encore à l’époque mais le visage du basket français ne sera plus jamais le même. Et pourtant, il faudra s’armer de patience pour rencontrer le succès. Cet Eurobasket de transition entre les générations en est le parfait exemple.


Enfin sortir du brouillard

C’est une équipe de France déterminée et pleine d’ambitions qui arrive en Suède en ce mois de septembre 2003. L’enthousiasme général que procure les succès outre-Atlantique de Tony Parker y est pour beaucoup. Titré en NBA avec les San Antonio Spurs quatre mois plus tôt, il débarque en Suède avec un statut de véritable Star. L’équipe de France n’a jamais eu en son sein un champion NBA. Qui plus est, Parker est un champion qui a eu un rôle prépondérant et crucial dans la conquête de ce titre. Ses performances en NBA et son envie affichée de jouer pour la France, font naitre chez les fervents du ballon orange dans l’hexagone l’espoir de futurs triomphes. Malgré une présence régulière au plus haut niveau européen, l’équipe de France de Basket n’a plus décroché une médaille à l’Eurobasket depuis 1959. Beaucoup espèrent déjà que les déceptions des dernières décennies ne seront bientôt qu’un lointain souvenir.

Le basket français entrevoit un nouvel espoir en Tony Parker (à gauche, avec son coéquipier des Spurs, Ginobili).

Pourtant, hors de cet engouement presque irrationnel que provoque les performances du nouveau petit prince du basket français, tout est à rebâtir. L’Eurobasket 2003 signe le début de la fin pour la superbe génération qui a remporté la médaille d’argent aux Jeux Olympiques 2000 de Sidney. La majeure partie des cadres de cet effectif a tiré sa révérence lors de l’Eurobasket 2001 (Risacher, Sciarra, Rigaudeau, Bilba…). Certains, en revanche, (Digbeu, Foirest et Sonko) ont décidé de prolonger l’aventure et participent à cet Euro 2003 pour faire la transition avec les jeunes à fort potentiel qui pointent le bout de leurs nez (Parker, Diaw, Flo Piétrus et Turiaf). Mais cette ancienne génération a surtout essuyé des échecs inattendus et des déceptions retentissantes durant toutes les années 90. La France n’a plus participé à un Championnat du Monde depuis 1986. Ces derniers J.O à Sidney restent une parenthèse unique car c’est seulement la seconde participation de l’équipe de France de Basket aux J.O depuis 1960. A l’Eurobasket, la France n’aura jamais fait mieux qu’une 4ème place par deux fois en 91 et 99. Une envie de changement se fait alors fortement ressentir.

Stéphane Risacher (à gauche) et Antoine Rigaudeau (à droite), photographiés lors de l’Eurobasket 99, laissent la place à la jeune génération.

Superteam pour un premier titre ?

Si la France croit sincèrement en ses chances, c’est parce qu’Alain Weisz, le sélectionneur français, a fait un énorme travail pour rameuter les meilleurs talents individuels sous la bannière bleue. Au début de cette nouvelle histoire, le mot d’ordre était d’oublier le passé et tenter d’avancer, tous comme un seul homme, pour construire les futurs succès du basket français. Les problèmes, les incidents et les énigmes du passé devaient être oubliés. Il fallait par-dessus tout réunir les meilleurs joueurs autour de Parker. Ce n’était pas gagner à l’avance, tant certains cas semblaient désespérés. Mais Weisz et la FFBB ont même réussi à convaincre, Tariq Abdul-Wahad et Jérôme Moïso, les deux plus gros parias de ces dernières années de revenir. Tous les deux avaient pourtant décidé de renoncer définitivement à l’équipe de France : Le premier, après un Eurobasket 99 houleux avec ses coéquipiers, et le second, vexé par les quelques minutes qu’il avait joué lors de l’Euro 97 alors qu’il n’avait pourtant que 19 ans. Pour autant, ils restent deux des plus grosses têtes d’affiche du basket français à l’époque. Tariq Abdul-Wahad, personnage à fort caractère, est le premier français à s’être fait une place à long terme en NBA au milieu des années 90. Vu de France, c’est un exploit. Jérôme Moïso, lui aussi NBA-er, est un des intérieurs français les plus talentueux de sa génération, notamment offensivement. Drafté 11ème en 2000, il a parfait sa formation aux Etats-Unis, d’abord un an au lycée, avant de rejoindre pendant deux ans la prestigieuse fac de UCLA à Los Angeles. Rares sont les frenchies de l’époque qui ont le privilège de jouer dans les plus grandes facs américaines. Mais sa nonchalance, ses sauts de motivation et son ego surdéveloppé ont fait de lui une énigme durant toute sa carrière.

Jérome Moiso (à gauche) et Tariq Abdul-Wahad (à droite) sont les deux paris osés du sélectionneur Alain Weisz.

C’est avec ce mix entre jeunes talents, joueurs expérimentés, et énigmes en phase de rémission que la France du Basket compte remporter son premier titre. L’équation est compliquée. Si le potentiel et le talent individuel présentés par l’équipe la propulse parmi les favoris de la compétition, l’alchimie et la cohésion collective, ainsi que la force mentale, restent de sérieux points d’interrogations.


Un premier tour autoritaire

Après un excellent premier tour qui les voit finir 1er du groupe A, avec trois victoires en autant de matches, et une domination impressionnante de ses adversaires (+22 face à la Bosnie, +33 face à l’Italie et +8 face à la Slovénie), la France redouble de confiance et d’assurance. Parker, sans avoir fait un gros premier tour, a déjà montré toutes ses qualités en pénétration et score plus d’un tiers des points de son équipe. Foirest a été étincelant, avec près de 16 points par match et 50% de réussite derrière l’arc. Le jeu était huilé et la machine semblait s’être mise en marche. Makan Dioumassi, 11ème homme de l’effectif, ne peut contenir son enthousiasme : « A Sidney, on avait une équipe historique, là, on a une équipe de légende ! C’est fou, c’est inouï, la confiance qui nous habite. On ne dit pas qu’on est plus forts que tout le monde, mais on est des tueurs, on est sans pitié. On écrase, on écrase… ». Cyril Julian ajoute : « On veut à tout prix aller en finale […] On veut passer et ça va passer ! »

1er match du 1er tour – France vs Bosnie
2nd match du 1er tour – France vs Slovénie
3ème match du 1er tour – France vs Italie

Pourtant plusieurs signes laissaient déjà présager que, si tout semblait bien se passer sur le terrain, en interne, c’était une autre histoire. Tariq Abdul-Wahad a contracté une douleur à l’épaule gauche et est diminué pour le reste de la compétition. Boris Diaw est sorti mentalement très affecté du premier tour, à cause des treize petites minutes de jeu qu’il a accumulé lors des trois rencontres, alors qu’il avait été un élément indispensable lors des qualifications. Jérôme Moïso s’est déjà emporté face à l’Italie, frustré par son niveau de jeu, en balançant ses chaussures au milieu du vestiaire à la fin du match, et en rentrant seul à l’hôtel, à pied. Pour finir, en dehors des entrainements et des matches, chacun vit dans son coin, Weisz ayant laissé quartiers libres à ses joueurs. Comment donc créer une force collective chez une équipe qui joue une compétition de deux semaines, composée de joueurs qui viennent d’horizons différents, jouent un basket différent et sont de générations différentes, si en plus on ne les réunit pas ensemble pour qu’ils créent une aventure humaine sur et en dehors du terrain ?


Phase finale et adversité

Le doute autour de cette question plane. Cet élément devient crucial maintenant qu’arrive le début de la phase finale et les matches couperets. C’est le moment pour cette équipe de montrer qu’elle a ce supplément d’âme, cette force collective, qui transcende les individualités et écrit les grandes épopées sportives internationales. « Il y a de fortes personnalités dans cette équipe, mais un but collectif », disait Parker un peu avant le début de la compétition. Il est temps de le prouver.

Quart de finale – France vs Russie

En quart, le France retrouve la Russie de Andrei Kirilenko, génie du jeu, homme à tout faire du Basket et star en NBA. Le premier vrai test de l’équipe de France est là. La France entame très bien sa partie, même si Abdul-Wahad est contraint de quitter ses partenaires au bout de quatre minutes de jeu à cause de ses douleurs récurrentes à l’épaule depuis le premier tour. Sans parvenir à faire l’écart, les français assènent la défense russe de pénétration et de drives de Parker, Sonko et Foirest qui vont au panier, provoquent des fautes ou décalent leurs coéquipiers. En face, seul Kirilenko surnage et laisse les russes à une distance raisonnable des Français à la mi-temps (-3, 39-42). Toujours aussi agressifs en attaque au retour des vestiaires, les français poursuivent leur travail de sape offensif. La Russie ne pouvant plus suivre le rythme imposé, bute sur la défense française et enchaine les pertes de balles. Avec un Parker en feu qui a notamment enchaîné deux trois points d’affilé dans le 3ème quart, La France a créé le premier écart notable de la rencontre et mène de dix points avant l’entame du dernier quart-temps. Et c’est à cet instant que les limites apparaissent. Sûrement satisfaits de leur avance, l’équipe se relâche. Elle se retrouve sans scorer pendant les quatre premières minutes du quatrième quart et souffre pour définitivement achever des russes batailleurs. La France l’emporte mais ne s’est pas rassuré. Bien au contraire.

De gauche à droite : Parker prend l’avantage sur Pashutin et Monia grâce à son fameux floteur. Diaw Tente de finir sur Kirilenko devant les yeux de Khryapa. Moiso dunke énérgiquement.

En demi-finale, face à la Lituanie de Sarunas Jasikevicius, l’homme qui a tout gagné en Europe cette saison-là, la France réalise un début de match compliqué en se retrouvant mené 7-0 au bout d’une petite minute de jeu. C’est la suite logique de la fin de match contre les russes. Les français se reprennent bien en infligeant aux lituaniens un 10-0 un peu plus tard dans le 1er quart-temps. Mais la France, si elle reste à porter des baltes, ne domine pas comme elle a pu le faire en quart face aux Russes. L’attaque est poussive et ne vit majoritairement que des exploits individuels de Parker et Abdul-Wahad. A la mi-temps, la Lituanie mène de 8 points, 45-37. A la sortie des vestiaires, la France resserre l’étau défensif et laisse les lituaniens scorer treize petits points lors du 3ème quart. A l’entame du dernier quart-temps, les Français sont repassés devant, 60-58. Le match devient une guerre des tranchées où la défense et l’impact physique priment. Les français tiennent le coup et laissent suggérer que l’exploit est possible. Sur un lay-up de Diaw, ils prennent même 5 points d’avance à 3:35 de la fin. A cet instant, l’équipe de France n’a jamais été aussi proche d’atteindre pour la première fois de son histoire une finale d’Eurobasket. Mais ce lay-up sera le dernier panier marqué par la France lors de cette demi-finale. Pire, la Lituanie qui a galéré à scorer durant toute la seconde mi-temps, parvient à revenir rapidement dans cette fin de match, notamment grâce à un panier à trois points de Macijauskas pour égaliser à 70 partout. A 16 secondes de la fin, la France se retrouve dos au mur, menée 72-70. Parker a la balle d’égalisation. Mais sous la pression de Siskauskas, il chute en tentant de le déborder. Il perd la balle. C’est fini. La France ne sera pas championne d’Europe. Le rêve s’évanoui. Les mines sont défaites et le réveil du lendemain risque de ressembler à une grosse gueule de bois. Les lituaniens, quant à eux, s’envolent vers le titre.

De gauche à droite : Julian, Foirest et Moiso au combat au rebond face à Siskauskas. Digbeu en retard face à l’attaque de panier de Jasikevicius. Moiso domine au rebond face à Zukauskas et Stombergas devant le regard de Parker et Foirest (de dos).

C’est là que le mental est primordial dans ce genre de compétition. Certes le titre, ce rêve un peu fou, est désormais inatteignable pour la France. Mais une médaille et une qualification aux Jeux Olympiques d’Athènes, le réel but de cette équipe, est encore possible. Atteindre cet objectif serait un signe plus que positif pour le futur de cette équipe et créerait une dynamique positive pour le groupe. Il faut donc se relever rapidement et se reconcentrer sur le match suivant. Pour obtenir cette médaille de bronze, il va falloir battre les Italiens lors de la petite finale. Ces Italiens même qui ont pris une déculottée quelques jours plus tôt par les français lors du premier tour. Malgré cela, ils sont tout de même parvenus à se hisser jusqu’en demi-finale avant de perdre face à l’armada Espagnole et Pau Gasol.


Crise mentale

Si les Français sont encore sous le choc de cette défaite face aux Lituaniens, les Italiens sont, eux, fatalistes quant à cette nouvelle rencontre à venir. « On ne peut pas jouer contre les Français et ce n’est pas un match pour la médaille de bronze et la qualification olympique qui va changer grand-chose. Ils sont plus forts, plus grands, plus rapide que nous », déplore le meneur italien Massimo Bulleri, la veille de la rencontre pour la 3ème place.

Parker se sent bien seul face à l’Italie.

Compte tenu de cet état d’esprit du côté transalpin, il aurait suffi à l’équipe de France de réaliser le minimum syndical. Mais la France est là pour l’or. Elle est venue pour jouer la finale, et rien d’autre. Si déception il devait y avoir, cela aurait été dans une défaite en finale et une médaille d’argent autour du cou. Cette équipe n’imaginait pas autre chose. Et certainement pas une petite finale. Elle n’a pas réussi à relever la tête, à se remobiliser. Elle se voyait trop belle, et n’a probablement pas eu l’humilité pour se faire violence et jouer dignement, et avec fierté, lors de cette petite finale. Les français ne sont jamais rentrés dans la partie. Pire, ils se sont faits humiliés par des Italiens, presque gênés et surpris d’être à ce stade de la compétition. En première mi-temps la France encaisse un assourdissant 23-1 en dix minutes. A part Parker qui se démène, les joueurs français traînent leurs valises de déception comme des âmes en peine sur le parquet. Ils sont menés 27-39 à la mi-temps et ne rattraperont jamais les Italiens malgré un dernier espoir en fin de match. Mais comme un symbole, Parker échouera lui aussi en cette fin de match, avec un trois points contré par Gianluca Basile, un lancer franc manqué, et une dernière pénétration désespérée pour égaliser, terminée en air ball. La France ne verra pas Athènes l’été prochain, ni le podium de cet Euro. L’amertume et la désillusion sont difficiles à avaler. Il est dur de croire que les français viennent de perdre les JO et une médaille face aux italiens qu’ils avaient écrasé au premier tour. Et pourtant la réalité est bien celle-ci. « J’ai l’impression que certains ne voulaient pas de la médaille. Je suis déçu et dégouté » dira Tony Parker après le match. Les Italiens pousseront l’impertinence jusqu’au bout en rapportant une magnifique médaille d’argent des J.O.

Le match pour la 3ème place – France vs Italie (version italienne)

Entre déception, frustration et optimisme

Au-delà de l’échec sportif retentissant, l’équipe de France n’était pas prête à affronter la spécificité d’un tournoi international aussi dense et relevé que peut l’être l’Eurobasket. Une équipe ne se construit jamais de manière approximative et n’est pas une simple accumulation de talents individuels. Dire ça pourrait s’apparenter à enfoncer une porte ouverte. Et pourtant ce constat si évident est à rappeler régulièrement à cette époque en équipe de France.

Le pari concernant Moïso et Abdul Wahad est un échec. Si ce dernier a surtout été une déception à cause de sa blessure, le premier a montré qu’il était ingérable en plus d’être un élément néfaste dans un groupe. Ils ne porteront plus jamais le maillot de l’équipe de France, peu importe le sélectionneur.

Heureusement, cet échec a ouvert la voie à une nouvelle génération qui a su montrer lors de ce tournoi, par l’exemple de Parker capitaine modèle à 21 ans, qu’elle avait faim de réussite avec l’équipe de France. Par leurs histoires personnelles, ces jeunes sont attachées à l’histoire de l’équipe de France de Basket et à sa signification. Ils montrent qu’ils ne jouent pas pour quelconque intérêts personnels, ils jouent pour gagner en équipe et pour le basket Français. Cette philosophie, qu’ils valorisent depuis qu’ils jouent ensemble dans les catégories de jeunes, est annonciatrice d’un avenir plus radieux pour l’équipe de France. Dans le futur, Parker, Diaw et Piétrus prouveront cet investissement émotionnel dès qu’ils en auront l’occasion. Hors blessure, Diaw et Piétrus répondront à chaque convocation. Diaw a lui-même payé les lourds frais d’assurances à sa franchise NBA pour être disponible lors des championnats du monde 2006. Parker, lui, s’autorisera, deux seuls petits étés de repos en faisant un trait sur les championnats du monde 2010 et 2014 (il est blessé en 2006). Cette attitude exemplaire présentée par ces leaders a eu une impact sur toutes les générations suivantes. Ensemble, ils ont réussi à construire les futurs grands succès du basket Français en retenant les leçons des échecs et des traumatismes passés.

Parker, Diaw et Piétrus créeront un nouvel état d’esprit en équipe de France.

Ce gâchis suédois a probablement été un passage obligé pour construire l’histoire autant exceptionnelle que douloureuse de l’équipe de France des quinze prochaines années. La douleur vécue lors de cet Eurobasket 2003 a par la suite laissé place au traumatisme de l’Euro 2005 face à la Grèce, puis au désespoir de l’échec cuisant de l’Euro 2007, avant que ne renaisse l’espoir en 2009 et 2011. Tout cela ne rendra que plus beau le titre de champion d’Europe en 2013 et cette victoire exceptionnelle en prolongation face à nos meilleurs ennemis les Espagnols en demi. Ce titre est l’apothéose de cette génération. C’est en souffrant chaque été au côté de notre équipe de France, peu importe les moments de bonheur et les déconvenues, que ce titre de 2013 a pris toute sa valeur pour le basket français et la bande à Parker, Diaw et Piétrus.

Malgré les déceptions, les frustrations, les sentiments d’injustice que cette équipe nous a fait subir, le basket français vient de vivre sa plus belle période. Maintenant que ce pan de l’histoire fait parti du passé, il ne faut pas oublier la chance d’avoir été témoin de cette magnifique histoire entre, eux les joueurs, nous les fans, le basket et la France.


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